Reading Time: 3 minutes

Le 31 mars 2016 le monde a été frappé par une triste nouvelle: Dame Zaha Hadid, l’architecte iraqo-britannique, est décédée dans un hôpital de Miami (Floride), suite à une crise cardiaque. Partie trop tôt, elle restera dans l’éternité grâce à son génie qui a bouleversé le monde de l’architecture.

Née le 31 octobre 1950 à Bagdad (Irak), d’un père riche industriel, important politicien libéral et d’une mère artiste, elle fréquenta, dans les années 1960 les pensionnats en Angleterre et en Suisse. Après avoir commencé à étudier les mathématiques à l’Université américaine de Beyrouth, elle déménage à Londres en 1972 pour étudier l’architecture à l’Architectural Association School of Architecture l’Académie des Frankenstein, pour le prince Charles, défenseur d’une très classique urbanité.

En 1980, elle crée sa propre agence à Londres et commence à enseigner dans les plus prestigieuses institutions internationales (dont, notamment, Harvard, University of Columbia, Yale). A partir des années 2000, elle a été professeur invité à l’Institut d’Architecture de l’Université des Arts appliqués de Vienne.  Elle est membre honorifique de l’Académie américaine des arts et des lettres et de l’American Institute of Architects.

Zaha Hadid est la première femme à recevoir le Pritzker Prize, en 2004 et la Royal Gold Medal du Riba, l’ordre britannique des architectes (en 2015). En 2012, Zaha Hadid devient Dame Zaha Hadid, en recevant l’Ordre de l’Empire Britannique.

1121580-1_og_gallery

 

“As a woman in architecture, you’re always an outsider. It’s OK, I like being on the edge.”

 

 

En fait, elle est la première femme a avoir une aussi forte renommée internationale dans ce métier. D’ailleurs, elle n’aimait pas quand on l’appelait une “femme-architecte”, elle disait toujours qu’elle est un architecte tout court. Elle n’aimait pas non plus quand on l’appelait une diva (chose inévitable, étant donnée sa popularité toujours ascendante): Would they call me a diva if I were a guy?

Dame Hadid a été un défenseur ardent des femmes dans les domaines de la créativité et de l’innovation en architecture. Elle se considérait une féministe, car elle voyait toutes les femmes comme “intelligentes, douées et féroces”. Zaha elle-même s’est tracé le chemin dans ce monde dominé de mâles avec beaucoup de difficultés. Mais ces efforts n’ont pas été faits pour rien, car, en 2008, elle est classée par le magazine Forbes au 69e rang des femmes les plus puissantes du monde.

C’est le journaliste Frédéric Edelmann qui a décrit parfaitement Dame Zaha dans Le Monde:

“La femme ressemblait à son œuvre : un physique improbable, tripartite, comme on dit des colonnes ou des gratte-ciel de l’entre-deux-guerres, et qu’elle assumait superbement. Deux jambes sous-dimensionnées par rapport à un buste taurin, posées sur des chaussures volontiers fantaisistes. Le tout était surmonté d’une tête empruntée à quelque déesse d’Asie mineure. Chevelure abondante, visage étonnamment expressif, encadrant des yeux aussi propres à jeter des éclairs qu’à prodiguer passion, humour et une forme de tendresse pour les lions des arènes. Surtout lorsqu’ils s’étaient éloignés d’elle, ses collaborateurs (ils sont désormais plus de quatre cents dans l’agence), lui prêtaient un caractère terrible qui ne supportait pas les ratés.”

Figure du mouvement déconstructiviste et icone du néo-futurisme, Hadid a libérée la géométrie architecturale, en créant des formes très expressives et fluides. Son style reposait très librement sur l’utilisation de lignes tendues et de courbes forcées, de formes pointues et de plans superposés qui donnaient à ses créations complexité et légèreté.

Il me faudrait probablement des centaines de pages pour vous montrer tous les travaux de Zaha H, mais je vais quand même laisser place à quelques réalisations qui m’ont marqué le plus: le Museo nazionale delle arti del XXI secolo de Rome, le London Aquatics Centre, conçu pour les Jeux Olympiques de 2012, l’office central de BMW à Leipzig ou encore l’Opéra de Guangzhou.

 

Mais mon oeuvre préféré reste la Station Gare Hoenheim du tramway de Strasbourg. Zaha a reçu le Prix de l’Union européenne pour l’architecture contemporaine Mies van der Rohe pour ce terminal. Chers strasbourgeois, rendez-vous vite sur les lieux pour admirer la construction si vous n’êtes jamais allés là-bas, c’est assez impressionnant. J’ai une raison de plus d’être fière d’habiter à Strasbourg, la capitale européenne – Zaha Hadid. Je vous laisse avec les photos que j’ai prises moi-même, tout en vous invitant d’aller voir plusieurs perspectives de la gare sur le site de l’architecte.

Je vous dit à bientôt sur mon blog pour une deuxième partie de cet article, consacrée aux collaborations de Zaha avec le monde de la mode et du design.